Qu’est-ce pour vous qu’une fête réussie ? Et une fête ratée ?

Ces questions et de nombreuses autres autour des dimensions positives ou négatives de la fête, ont permis de mieux connaître la relation entre les personnes et la fête et de mesurer quantitativement les différentes attentes des populations ; 1000 personnes ont été interrogées en Bretagne, jeunes et moins jeunes, actifs et non actifs, urbains et ruraux, y compris des personnes de nationalités étrangères. Les résultats de l’enquête menée depuis un an par l’équipe de Jeudevi seront exposés et débattus avec des spécialistes et le public.

Les rassemblements festifs dans l’espace public

Les riverains se plaignent des nuisances et des dégradations, les parents s’inquiètent des risques sanitaires dus à la consommation excessive d’alcool et à l’ampleur de ces rassemblements non-organisés, les pouvoirs publics, désemparés, hésitent à interdire, à réprimer ou à accompagner, l’opinion publique ne comprend pas les excès de certains jeunes et s’alarme du nombre d’arrivées aux urgences à chaque rassemblement.

Depuis les années 1950 dans les sociétés industrielles, chaque décennie voit une évolution des pratiques festives des jeunes, et de leur mode d’organisation. Mais quelque soit la génération, se regrouper par centaine reste une constante. Depuis 2004, à Rennes, les regroupements d’étudiants le jeudi soir et de lycéens le vendredi sont devenus une habitude.
Le succès des réseaux sociaux auprès des jeunes ont, en 2010, donné une ampleur inédite, et souvent dangereuse par leur  gigantisme, à ces rassemblements annoncés sans être organisés.

Au-delà des mesures indispensables de prévention des risques sanitaires et sécuritaires, il nous parait important de comprendre les rassemblements actuels, par des approches croisées de sociologues et d’anthropologues, en observant les rassemblements passés et l’évolution de la société contemporaine au sein de laquelle ces nouveaux types de rassemblements émergent.

Alcool, drogues et trajectoires à risque

L’approche relationnelle dans la prévention et la réduction des risques

Eviter un message trop généralisant qui induit fréquemment la posture de  » je ne me sens pas concerné « . C’est l’un des objectifs d’un documentaire pédagogique de prévention intitulé  » Gus  » : 10 sites de tournages en Bretagne, 200 jeunes participant au contenu, 5 profils de fêtards inspirés des recherches de Christophe Moreau, des groupes de jeunes que l’on suit dans leurs pratiques festives et qui témoignent de leurs rapports à la fête, à l’alcool et aux autres. Un dvd qui sera diffusé exclusivement lors de soirées débat avec des adultes relais formés pour faire parler les jeunes de leurs propres pratiques et des risques qu’ils prennent. Ce débat permettra de mieux comprendre les enjeux de l’approche relationnelle dans la prévention, par contraste avec des méthodes basées principalement sur la transmission de connaissances, ou d’autres plus moralisatrices…

Les cafés cultures, la pratique amateur et l’aide à l’emploi artistique

La plateforme nationale des cafés cultures est un espace de négociations qui a réunit pendant deux années autour de la table : le Collectif Culture Bar-Bars, le SNAM (Syndicat National des Artistes Musiciens) CGT, l’UMIH (Union des Métiers et Industries de l’Hôtellerie), la Ville de Nantes au nom de l’association des Grandes Villes de France, les Régions Pays de Loire et Aquitaine, le Pôle et le RAMA (Réseau Musiques Actuelles en Aquitaine). Les ministères de la Culture et de l’Intérieur participent également aux échanges.

La plateforme s’est donné comme objectif une nouvelle règlementation « applicable » des activités culturelles dans les bars. Ses travaux ont aboutit à la mise en place dès 2011 d’un dispositif d’aide à l’emploi d’artistes dans les cafés cultures (cafés ou restaurants de type N de Vème catégorie proposant occasionnellement ou régulièrement une offre culturelle). Le dispositif crée une fondation financée par les collectivités et des fonds privés.

L’aide s’adresse aux employeurs et sera proportionnelle au nombre d’artistes salariés : de 20 % des cotisations sociales prises en charge par la fondation pour 1 artiste salarié, à 120 % pour 6 artistes (ou 5 artistes + 1 technicien).
La notion de territoire est importante puisque les interventions se feront en fonction de l’apport des collectivités. Plus celles-ci alimentent la fondation, plus le nombre d’interventions du dispositif sera important sur leur territoire.

La plateforme est également parvenu à un accord sur les conditions de la pratique amateur dans les cafés : pas de recettes liés au spectacle (pas d’entrées payantes ni majoration sur les consommations), et pas de publicité sur le nom de l’artiste ni comme professionnelle.