La fête carnavalesque

La fête s’articule autour de deux temps fondamentaux qui en structurent le déroulement. Un premier temps est celui de la cérémonie : les personnes se retrouvent dans une configuration solennelle empreinte de rites et de codes que chacun s’oblige à respecter. Un second temps est celui de la liesse ou temps  » carnavalesque  » : les contraintes sociales se desserrent et laisse les fêtards rentrer dans l’exaltation du moment présent, le renversement des valeurs et la recherche du vertige. On observe depuis la deuxième moitié du XXème siècle, une disparition partielle du temps cérémoniel et un développement exagéré du temps de la liesse, impliquant les fêtards dans des comportements de plus en plus excessifs, alors que leur propension à intégrer des interdits diminue.

La fête s’articule autour de deux temps fondamentaux qui en structurent le déroulement. Un premier temps est celui de la cérémonie : les personnes se retrouvent dans une configuration solennelle empreinte de rites et de codes que chacun s’oblige à respecter. Un second temps est celui de la liesse ou temps  » carnavalesque  » : les contraintes sociales se desserrent et laisse les fêtards rentrer dans l’exaltation du moment présent, le renversement des valeurs et la recherche du vertige. On observe depuis la deuxième moitié du XXème siècle, une disparition partielle du temps cérémoniel et un développement exagéré du temps de la liesse, impliquant les fêtards dans des comportements de plus en plus excessifs, alors que leur propension à intégrer des interdits diminue.

Les rites de marge

Les « rites de passage » qui marquaient le passage à l’âge adulte étaient des moments festifs et permettaient de canaliser l’énergie débordante des adolescents ont progressivement disparu de nos sociétés. Ils ont laissé place à des « rites de marge » créés par les jeunes eux-mêmes, sans présence d’adultes. Ces « petites morts symboliques » caractérisent l’entre deux adolescent (ni enfant ni adulte) : espaces à part, initiations de toutes sortes, expériences mortifères…

Une civilisation de l’immédiateté

L’apparition de l’espace public numérique (téléphones portables, internet, réseaux sociaux) modifie profondément les relations sociales. Les jeunes se construisent aujourd’hui, dans une civilisation de la pulsion, de l’immédiateté, du zapping, du « tout tout de suite ».

Face à un avenir incertain, émerge une crise de confiance entre les jeunes et leurs ainés. Des phénomènes de concurrence entre les générations émergent et conduisent au  » chacun pour soi « . La transmission cède sa place à l’auto-expérimentation, et le principe de l’identification est remplacée par le fantasme d’une construction de soi qui ne doit rien à personne.

Des aspirations individualistes

La disparition des cadres traditionnels d’intégration sociale est le signe d’une époque où prime  » la construction de soi par soi  » sur la participation à un projet de société commun. Ce desserrement des contraintes sociales et la montée des aspirations individualistes peuvent être perçus comme une libération des sujets sociaux face à leur environnement. Mais ils ont aussi des conséquences négatives : perte des solidarités collectives, dépressions, addictions, l’individu se doit en permanence de démontrer sa performance (performance sexuelle, défis entre pairs).

Des fêtes moins codifiées

Globalement, c’est l’ensemble des codifications qui réglementaient les pratiques festives qui tendent à disparaître. Fin des lieux réservés à des publics précis, des codes vestimentaires, des régimes alimentaires imposés, des programmes réglés par avance, des danses, etc. Ces prescriptions, qui avaient pour fonction d’impliquer les fêtards dans un cadre collectif et de réguler leurs comportements (notamment l’entrée dans la fête), sont tombées en désuétude. Ce phénomène marque l’affaiblissement de la dimension cérémonielle de la fête au profit d’un esprit festif essentiellement tourné vers la quête du plaisir individuel.

Et moins tournée vers la rencontre sexuelle

La fête a perdu sa finalité matrimoniale et n’offre plus de codifications pour la rencontre sexuelle. En dépit de l’injonction permanente à séduire et à afficher une vie sexuelle épanouie – si ce n’est débridée -, la drague n’est plus au cœur des soirées.

L’ennui, premier facteur d’ivresse

Les fêtes organisées et les lieux privés qui ont vocation à accueillir les fêtards disparaissent inexorablement dans les milieux urbains. Le vide et l’ennui menacent le fêtard qui cherche à se donner une contenance coûte que coûte pour ne pas perdre la face. L’ivresse est un moyen d’échapper au vide auquel le fêtard est confronté. L’alcool ou la drogue remplacent l’événement et la  » défonce  » devient un enjeu central dans les rassemblements festifs qu’on n’imagine plus possible sans ces stimulants.